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Habillage du Yenitsaros Toutes les photos du carnaval de Naoussa.

Sur la route, au musée Konaki pour l'habillage du yenitsaros, dans les rues pour la coutume et pour le cortège, plus quelques belles soirées à Naoussa.




A voir aussi, les vidéos ramenées de notre voyage :
Sur la route
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Habillage du Yenitsaros
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Devant l'hôtel de Ville
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Joueur de zourna
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Cortège
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Soirée à Naousa
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Drapeau GR

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CARNAVAL A NAOUSA
(IMATHIA)
Du 28 février au 2 mars 2009, un petit groupe du C.H.E.F. de Genève s’est rendu à Naousa pour assister à un carnaval ancré dans la tradition. Ce n’était pas la première fois, et certainement pas la dernière que nous faisions le déplacement : le vol jusqu’à Athènes et les cinq heures de voiture ne sont rien par rapport au bonheur des yeux et des oreilles et à la liesse qui vous envahit peu à peu pendant le Triimero (les trois jours que dure le Carnaval).

Quelques explications pour vous aider à décrypter nos photos et vidéos-souvenirs.

La période du carnaval, qui occupe une place bien à part dans l’année, se vit sous le règne de la bonne humeur, des bouffonneries et des taquineries, mais surtout du déguisement.

A Naousa aussi, le carnaval se caractérise par la spontanéité, l’enthousiasme et l’hospitalité et par les fêtes improvisées et les défilés satiriques. Mais la particularité fondamentale de ce carnaval, c’est la coutume du Yenitsaros et de la Boula.

Une coutume profondément enracinée, qui, tout au long de son histoire, s’est incorporé des éléments de la tradition locale et des luttes héroïques. Elle a connu son apogée à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème et s'est frayé immuablement un chemin jusqu’à nous.

A l'opposé du « dérèglement » qui prévaut pendant les jours de carnaval, la coutume de Naousa se perpétue en alliant discipline et codification et elle se pare d'une esthétique remarquable. L’habillage, le rassemblement, la prosternation, l’itinéraire, le répertoire musical, les danses, les instruments et la participation des Naouseri respectent depuis des siècles les mêmes règles.

Prennent part à la coutume uniquement de jeunes hommes, et même, à une époque plus ancienne, seulement des célibataires. Le Yenitsaros, le fier porteur de foustanelle, en est le protagoniste, avec les nombreux bijoux d’argent ornant sa poitrine et sa foustanelle, la longue « pala » (épée) et le « PROSOPOS » en cire (« prosopos » étant une version masculinisée du terme neutre grec désignant le visage, uniquement utilisée pour désigner le masque du Yenitsaros ou de la Boula – le terme de « maska » est ici prohibé).

La Boula tient un rôle de première importance. C’est un homme déguisé en femme, mais sans que son personnage soit ridiculisé. Il est vêtu d’une robe longue et porte un « prosopos » orné de tulle et de fleurs. Les enfants qui précèdent le « boulouki » (groupe de danseurs et de musiciens) font partie intégrante de la coutume. En fin de cortège, les musiciens : zourna (sorte de flûte à anche) et daouli (grosse caisse).

L’habillage rituel commence tôt le dimanche matin. Les efforts de chacun pour assurer au Yanitsaros et à la Boula une apparence impeccable, mais aussi les chants, les vœux et l’offre de nourriture et de boissons caractérisent cette journée. Les instruments, avec les joueurs de zourna, sonnent dès les premières heures le rassemblement, c’est-à-dire la réunion des membres de chaque groupe, allant de maison en maison, passant prendre enfin le chef du boulouki. La cérémonie de l’adieu à la maison et de l’accueil parmi les membres du boulouki est particulièrement poignante.

(Pour mieux le comprendre, un peu d’histoire. Pendant longtemps, le statut de riche cité de Naousa lui permit d'échapper, moyennant le versement d'un impôt, à l'enrôlement forcé de ses jeunes hommes au sein de l'armée ottomane, comme c’était le cas dans les régions occupées. La première fois que les autorités ottomanes, violant ce relatif privilège, vinrent réclamer la levée d’un bataillon de yenitsari [du turc : nouvelle armée - notre « janissaire »], l’envoyé ottoman fut abattu par les habitants de Naousa et les yenitsari se révoltèrent et quittèrent la ville pour le mont Vermio. Ils formèrent une troupe de rebelles (« kleftes ») sous le commandement du capitaine Zissis Karadimos. C’était en 1705, pendant la période traditionnelle de carnaval. Les habitants de Naousa ont par la suite intégré à leurs festivités cet épisode dramatique de leur histoire.)

Ensuite, dans un cortège prodigieux, sans danser, les yenitsari arrivent à l’Hôtel de ville aux environs de midi. C’est là qu’aura lieu la prosternation : le chef du cortège demandera au maire la permission de célébrer la coutume et de retourner dans les rues de la ville en dansant. Alors que la Boula s’inclinera vers l'avant, les Yenitsari pencheront le corps en arrière et agiteront orgueilleusement le torse. A peine l’autorisation accordée, ils sortiront les épées de leurs fourreaux et amorceront les « patinades » (la patinada est une marche dansée particulière) fixées par la tradition, de quartier en quartier, et en suivant un itinéraire lui aussi établi.

Ils danseront en cercle sur les places, puis arriveront dans l’après-midi sur la place Alonion. Là, ils ôteront le « prosopos » et rejoindront le public pour des danses communes. Plus tard, les bouloukia poursuivront leur itinéraire jusqu’au quartier de Kammena, où ils entameront leurs dernières danses.
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